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Expert mandaté par l’assureur : coûts et contrepoids

L’expert envoyé par votre compagnie est payé par elle : sa venue ne vous est pas facturée. Le vrai sujet financier est ailleurs, dans ce que vous coûterait un expert d’assuré pour équilibrer la discussion, et dans ce que vous coûterait de ne pas en avoir. expertdassure.com fait le point sur ces deux faces du budget.

Expert mandaté par l’assureur : coûts et contrepoids
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Une rémunération supportée par la compagnie

L’expert mandaté par l’assureur travaille dans le cadre d’accords conclus entre son cabinet et la compagnie. Sa rémunération est fixée entre eux, selon des modalités qui leur sont propres (forfait par type de dossier, barème interne, temps passé) et qui ne sont pas communiquées à l’assuré. Celui-ci n’a en principe rien à payer pour la visite ni pour le rapport.

Cette gratuité apparente a une contrepartie : l’expert rend compte à la compagnie qui le missionne. Pour les petits dossiers, notamment les dégâts des eaux traités par convention entre assureurs, cette situation pose rarement problème. Pour un sinistre lourd ou contesté, l’assuré peut avoir intérêt à financer son propre expert.

Ce que coûte de faire équilibrer l’expertise

Mandater un expert d’assuré pour discuter avec l’expert de la compagnie revient à acheter un ensemble de prestations : lecture du contrat, présence à la visite contradictoire, chiffrage indépendant, collecte des justificatifs, négociation poste par poste et suivi jusqu’au règlement, y compris l’indemnité différée versée après travaux.

En France, le barème de référence UPEMEIC, présenté dans le tableau de cette page, aide à estimer ce coût. Il est dégressif par tranche de dommages et reste indicatif : chaque cabinet fixe ses honoraires dans sa lettre de mission.

Barème de référence UPEMEIC (France) – honoraires indicatifs d’un expert d’assuré face à l’expert de l’assureur, non obligatoire
Montant des dommagesHonoraires indicatifs
Jusqu’à 25 000 €9 %
25 001 € à 50 000 €8 %
50 001 € à 100 000 €7 %
100 001 € à 200 000 €6 %
200 001 € à 400 000 €4,5 %
400 001 € à 800 000 €3,5 %
800 001 € à 2 000 000 €2,5 %
Plus de 2 000 000 €1 % à 1,75 %

Montants indicatifs, à vérifier auprès de chaque expert.

Les différentes façons de facturer l’expert d’assuré

Le mode le plus courant est un pourcentage, mais son assiette change tout. Calculé sur le dommage total, il est dû même si l’offre de l’assureur évolue peu. Calculé sur l’indemnité finale, il suit le montant effectivement réglé. Calculé sur le supplément obtenu par rapport à la proposition de l’expert de la compagnie, il rémunère uniquement la valeur ajoutée de l’intervention.

D’autres formules existent : forfait pour un dossier limité, vacation horaire pour un avis technique ou une réunion isolée, minimum d’honoraires pour les petits sinistres. La TVA et les frais annexes s’ajoutent en général aux montants annoncés hors taxes.

La garantie « honoraires d’expert » : votre première ressource

Beaucoup de contrats habitation, copropriété ou professionnels prévoient le remboursement des honoraires de l’expert choisi par l’assuré, précisément pour compenser l’asymétrie avec l’expert de la compagnie. Cette garantie est plafonnée, par exemple en pourcentage de l’indemnité ou par un montant maximal, et peut être réservée à certains événements comme l’incendie ou les événements naturels.

Relisez vos conditions générales et particulières avant de choisir un cabinet : connaître le plafond permet de calculer le reste à charge et, parfois, de négocier un honoraire qui s’y ajuste.

Combien représente le contrepoids selon le sinistre

Petit sinistre : pour un dégât des eaux de 6 000 €, un expert d’assuré à 9 % représenterait environ 540 € HT, mais beaucoup de cabinets appliquent un minimum d’honoraires supérieur. Dans ce cas, l’intervention ne se justifie que si l’offre de l’expert de l’assureur est très éloignée des devis ou si la garantie est refusée.

Sinistre moyen : pour un incendie partiel évalué à 80 000 €, un taux de 7 % conduit à environ 5 600 € HT ; si la garantie honoraires d’expert rembourse une partie, le reste à charge peut devenir modeste au regard de l’enjeu. Gros sinistre : pour un entrepôt sinistré à hauteur de 1 200 000 €, un taux de 2,5 % représente environ 30 000 € HT, montant qui se discute précisément.

Ces exemples sont indicatifs ; ils ne garantissent aucun écart d’indemnisation par rapport à l’évaluation de l’expert de la compagnie.

Ce que coûte de ne pas être assisté

Face à l’expert de l’assureur, l’assuré non accompagné accepte souvent un chiffrage qu’il n’est pas en mesure de vérifier : prix unitaires, surfaces, vétusté, frais annexes ou perte d’usage. Les écarts possibles ne sont pas mesurables à l’avance et ne doivent pas être surestimés, mais ils peuvent dépasser le coût d’un expert sur les dossiers importants. À l’inverse, sur un dossier simple et bien évalué, l’intervention n’apporte parfois presque rien.

Comparer les offres et lire la lettre de mission

Demandez au moins deux propositions écrites et comparez-les sur la même assiette. Interrogez chaque cabinet sur son expérience face aux experts des grandes compagnies, sur la personne qui suivra le dossier et sur la fréquence des comptes rendus. La lettre de mission doit indiquer le périmètre, le taux, l’assiette, la TVA, les frais, les conditions de résiliation et l’éventuel paiement direct par l’assureur.

Écartez les promesses de résultat chiffré et les démarchages pressants au lendemain d’un sinistre. Dans les autres pays francophones, Belgique, Suisse, Luxembourg ou Canada, les pratiques de rémunération diffèrent, mais la vigilance sur l’assiette et sur la garantie contractuelle reste la même.

Trancher entre accepter et contester

Avant d’engager des frais, comparez l’offre fondée sur le rapport de l’expert de la compagnie avec vos propres devis. Si l’écart est faible et les garanties appliquées sans réserve, accepter peut être raisonnable. Si l’écart est important, si un poste entier est écarté ou si une exclusion est opposée, une première analyse par un expert d’assuré, souvent gratuite ou peu coûteuse, aide à décider.

Organismes qui proposent ce service

  • La Médiation de l'Assurance : Service de médiation auquel les assurés peuvent soumettre un litige avec leur assureur, encadré par une charte du Médiateur publiée en ligne.
  • La Médiation de l'Assurance : Dispositif de médiation du secteur de l'assurance en France, saisi pour les litiges entre assurés et assureurs, qui publie une charte et un rapport annuel.
  • Crawford & Company Latin America : Plateforme régionale d'un réseau mondial d'expertise de sinistres proposant des services d'ajustement de pertes à travers l'Amérique latine.

Liens externes fournis à titre informatif ; vérifiez les conditions directement auprès de chaque organisme.

Questions fréquentes

Dois-je payer l’expert envoyé par mon assureur ?

Non, en principe. Il est missionné et rémunéré par la compagnie. Seul l’expert que vous choisissez vous-même vous est facturé.

Puis-je connaître la rémunération de l’expert de l’assureur ?

Elle relève des accords entre la compagnie et le cabinet et n’est généralement pas communiquée à l’assuré. Elle n’a pas d’incidence directe sur votre indemnité.

Ma garantie honoraires d’expert peut-elle servir face à l’expert de l’assureur ?

C’est précisément son objet : rembourser, dans la limite d’un plafond et sous conditions, l’expert que vous désignez pour défendre vos intérêts.

Est-il trop tard pour mandater un expert d’assuré après la visite de l’expert de l’assureur ?

Non, tant que vous n’avez pas accepté l’offre sans réserve. Le coût peut toutefois être plus élevé si les dommages ont été réparés et doivent être reconstitués à partir des pièces et des photos, ce qui demande davantage de travail au cabinet.

L’expert de la compagnie ne vous coûte rien ; le contester a un prix qu’il faut comparer, devis en main, à l’enjeu réel de votre sinistre.